Pourquoi ma cdthèque personnelle ne ressemble plus à rien
02 décembre 2015
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Jean-Baptiste
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J'ai mis du temps à m'en apercevoir mais mon grand meuble à CD s'est vidé petit à petit
laissant la place à des mouchoirs, des chiffons, des flacons divers, quelques vis dépareillées et une bougie.
Mais que s'est-il passé ?
Génération Compact Disc
Pourtant, du haut de mes 40 ans (bientôt), j'appartiens vraiment à la génération CD. C'est moi
qui ai insisté pour que mes parents relaients leurs disques vinyles au placard, qui ai remplacé mes
vieilles cassettes très facilement, qui ai été dans les premiers à disposer d'un graveur de CD pour faire
grossir ma collection à grand rythme, qui achetais des CD-R par boîtes de 50 ! Combien de cartons me fallait-il
pour tous les caser, à chaque déménagement ? Mes études de musique, mon concours puis mon métier de professeur
de musique, depuis 2000, ont bien sûr augmenté les besoins.
Que me reste-t-il à présent ? Deux / trois titres de qualité dont je ne suis pas disposé à me
séparer, les disques d'opéras contemporains, ceux de mon programme d'agreg, tout à fait introuvables ailleurs
et quelques compilations pour ma voiture de fonction qui n'a qu'un vieux lecteur de CD car je ne m'en sers pas
beaucoup.
Le MP3 est passé par là
Le MP3, ce format de compression permettant d'économiser les 9/10è de la place prise par une
piste de CD (en wav) s'est démocratisé rapidement comme moyen de transport facile de pistes musicales à la fin
des années 90 (bien qu'il soit plus ancien) ; transport par disquettes puis par réseau. On se souvient de Napster !
Et en quelques années, les choses se sont fait toutes seules, je n'ai plus senti le besoin de racheter de lecteur
CD de salon, l'ordinateur trônant en bonne place dans les appartements successifs jusqu'à l'apparition de plateformes
comme Deezer ou Youtube qui laissent maitenant l'opportunité d'écouter un nombre d'heures de musique supérieur à
notre espérance de vie.
Ainsi, lorsque je veux écouter de la musique, ai-je le choix entre mon dossier MP3 sur mon
ordinateur de bureau, dossier très riche qui contient beaucoup d'extraction de CD personnels et même de vinyles,
ou Deezer et surtout Youtube. Je tape, par exemple, "Fugue C minor Mozart" et c'est cinq ou six résultats de
qualité qui me sont proposés. Vraiment, pourquoi me gênerais-je ? C'est un peu comme pour Wikipedia. Il y a encore
6-7 ans, on pouvait dire : "C'est bien pour rigoler, mais ce n'est pas très sérieux", mais la musique en ligne,
(comme l'encyclopédie précédemment citée) gratuite de surcroît, est devenue tout ce qu'il y a de plus sérieux et
de plus complet, avec, cerise sur le gâteau, des millions de titres anciens introuvables ailleurs. À ceci je
rajouterai, pour ma part, les archives anciennes de l'INA et libres de droit de Gallica qui rendent de grands
services.
Où cela va-t-il nous mener ? Quel avenir pour la musique en ligne, sachant que téléphones
portables ou tablettes répondent au même principe ? Je n'en ai pas la moindre idée et ne me risquerai pas à
la moindre projection.